Les vaccins contre le pneumocoque ne réduisent pas les hospitalisations pour pneumonie chez les adultes à risque

Les vaccins contre le pneumocoque ne réduisent pas les hospitalisations pour pneumonie chez les adultes à risque

La pneumonie acquise en communauté représente un fardeau important de morbidité et de mortalité, en particulier chez les adultes souffrant de maladies chroniques. Parmi les agents responsables, la bactérie Streptococcus pneumoniae est la cause la plus fréquente, suivie par les virus, dont l’impact a été mieux compris depuis la pandémie de COVID-19. Les vaccins contre le pneumocoque, conçus pour prévenir les formes graves de la maladie, existent sous deux formes principales : les vaccins polysaccharidiques et les vaccins conjugués, qui ciblent différents types de cette bactérie.

Une étude récente menée en Espagne entre 2020 et 2024 a évalué l’efficacité de ces vaccins chez des adultes âgés de 18 à 64 ans présentant des facteurs de risque. Les chercheurs ont comparé 805 patients hospitalisés pour une pneumonie à 806 patients hospitalisés pour d’autres raisons, tous porteurs de conditions médicales sous-jacentes. Les participants étaient classés selon leur statut vaccinal : vaccin polysaccharidique seul, vaccin conjugué seul, vaccination séquentielle ou non vaccinés.

Les résultats montrent que aucune des stratégies vaccinales testées n’a réduit significativement le risque d’hospitalisation pour pneumonie. Chez les personnes immunodéprimées, le vaccin polysaccharidique a même été associé à une efficacité négative, c’est-à-dire une augmentation apparente du risque, probablement en raison d’un biais de confusion : les patients les plus fragiles, donc les plus susceptibles de développer des formes graves, sont aussi ceux qui sont le plus souvent vaccinés.

Cette absence de protection pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs. D’une part, les vaccins actuels ne couvrent pas tous les types de pneumocoques existants — plus de 100 ont été identifiés à ce jour. D’autre part, les pneumonies incluses dans l’étude pouvaient être causées par d’autres agents pathogènes que ceux ciblés par les vaccins. Enfin, la période de l’étude, marquée par la pandémie de COVID-19, a pu influencer les résultats, les mesures sanitaires comme le port du masque ou la distanciation sociale ayant temporairement réduit la circulation de nombreux virus respiratoires.

Les chercheurs soulignent que, malgré ces résultats décevants, la vaccination reste un outil important, notamment pour les populations à très haut risque. Ils suggèrent d’envisager des stratégies optimisées, comme l’utilisation de vaccins conjugués à plus large spectre ou des schémas de vaccination séquentielle mieux adaptés. Cependant, les données actuelles ne permettent pas de confirmer un bénéfice clair chez les adultes de moins de 65 ans avec des facteurs de risque.


À propos de nos sources

Publication originale

DOI : https://doi.org/10.1186/s41479-026-00201-6

Titre : A multicentre case-control study about effectiveness of pneumococcal vaccination against pneumonia hospitalization in at-risk adults

Revue : Pneumonia

Éditeur : Springer Science and Business Media LLC

Auteurs : María Liébana; Diana Toledo; Núria Soldevila; María Morales-Suarez-Varela; Concepción Prados-Sánchez; Amelia Fernandez-Sierra; Gemma Navarro; Vicente Martín; Judith Chamorro; Mikel Egurrola; Marta Rodriguez-Suárez; Angela Domínguez; ; María Liébana; Diana Toledo; Núria Soldevila; María Morales-Suarez-Varela; Concepción Prados-Sánchez; Amelia Fernandez-Sierra; Gemma Navarro; Vicente Martín; Judith Chamorro; Mikel Egurrola; Marta Rodriguez-Suárez; Angela Domínguez; Aurea Morillo; Raquel Valencia; Mª Mar Rodríguez; José Antonio Marín; Gerardo Rubiera; Tania Fernández-Villa; Graciela López-Muñiz; Carmen Fernández-Martínez-de-Septien; Silvia Fernández; María Grau; Núria Torner; Carles Vilaplana; Lluís Forcadell; Cristina Rius; Anna Vilella; Silvia Simó-Nebot; Eva del Amo; Magda Campins; Xavier Martínez; José Angel Rodrigo; Judith Martínez; Ramon Boixeda; Julia Jaumandreu; Jenaro Astray; Alberto Mangas-Moro; Juan Carlos Galán; Amaranta McGee-Laso; Laura Moreno-Galarraga; Nerea Díaz-Sánchez; Idaira Fernandez-Rodriguez; Cristina Llonch; Itziar Casado; Fernando Baigorria-Feltrin; Alba Gasque; Sara Marquínez-Noriega; Patricia García; Isabel Peraita-Costa; Francisco Sanz

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