Pourquoi la rage reste une menace mortelle en Thaïlande malgré les vaccins disponibles
En 2025, deux décès humains dus à la rage ont été enregistrés dans le district de Prathai, en Thaïlande, révélant des failles majeures dans la lutte contre cette maladie pourtant évitable. Ces deux victimes, mordues par des chiens errants non vaccinés, n’avaient reçu aucun traitement préventif après leur exposition. Pourtant, la rage se transmet principalement par la salive des animaux infectés et reste mortelle une fois les symptômes apparus.
Le district de Prathai, où aucun cas humain n’avait été signalé depuis des décennies, a connu une circulation silencieuse du virus parmi les chiens non vaccinés. Les investigations ont montré que plus de 3 400 morsures ou griffures ont été déclarées en sept mois, soit une incidence mensuelle de 14 pour 100 000 habitants. Ces chiffres dépassent largement ceux observés dans des pays comme le Royaume-Uni ou les États-Unis, où les morsures sont bien moins fréquentes.
L’analyse des données a révélé que seulement 40 % des chiens du district étaient réellement vaccinés, loin des 70 % recommandés pour stopper la transmission. Les chiens errants, souvent non vaccinés, représentent la principale source de contamination. Parmi les animaux testés, 21 % étaient porteurs du virus, confirmant une circulation active dans la région.
Un autre problème majeur est l’abandon du traitement préventif après une morsure. Bien que la plupart des victimes reçoivent une première dose de vaccin, moins de 1 % achèvent le protocole complet de cinq injections. Cette faible observance, surtout dans les zones les plus touchées, aggrave le risque de nouveaux décès.
Les analyses spatiales ont identifié trois foyers de transmission, montrant que les cas humains n’étaient pas isolés mais liés à des zones où le virus circule activement parmi les chiens. Ces résultats soulignent l’urgence de renforcer la vaccination des animaux, d’améliorer l’accès aux soins après une morsure et de sensibiliser les populations locales.
La lutte contre la rage exige une approche coordonnée entre santé humaine, animale et environnementale. Sans ces mesures, la maladie continuera de menacer les communautés, même là où les outils de prévention existent.
À propos de nos sources
Publication originale
DOI : https://doi.org/10.1186/s12982-026-01782-9
Titre : Spatial and epidemiologic analysis of two human rabies fatalities reveals transmission drivers and prevention gaps in Prathai district Thailand 2025
Revue : Discover Public Health
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : Waritnun Anupat; Wichayaporn Wongbumru; Chonlada Siri; Kanidta Poobua; Khaneugnij Yueyai; Onphirul Yurachai; Teerasak Chuxnum